Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
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Rome : le forum
Dans l'antiquité grecque, trois lieux déterminaient culturellement la cité : l'acropole (lieu divin), le théâtre (lieu de réflexion ou de dérision), enfin, l'agora, lieu de la raison, de l'art de persuader, et lieu de communication. Le forum romain s'inscrit dans la suite de cette agora, mais adapté à la cité romaine, et il possède des fonctions plus complexes et moins définies.
Dans sa forme, le forum romain renouvelle la tradition de l'agora. Situé au milieu de la cité, entre le mont Palatin et le mont Capitolin, il est entouré par une série de bâtiments publics qui symbolisent la République: le temple de Saturne où est déposé le trésor public, le temple de la Concorde, le Sénat, la prison publique, etc... Ses dimensions sont importantes: occupant l'emplacement d'un ancien marais, le forum couvre une superficie de plus de huit hectares. Il continue, à l'époque, d'assurer des fonctions analogues à celles de l'agora d'antan; les citoyens se rencontrent en plein air pour discuter des affaires publiques, sachant que les destinées de la République sont intimement liées à cet espace divin qui donne à l'homme la possibilité d'influencer son propre destin.
Mais bientôt, les curies vont diviser géographiquement le lieu du forum. Celui-ci n'est plus alors uniquement un lieu de la parole, mais il intègre, à travers les partis des curies, toute l'ambiguïté du pouvoir politique. La première ségrégation du citoyen apparaît avec la division de l'espace du forum en deux parties: l'une, plus élevée et désignée sous le nom de comitium, servait de lieu de réunion aux comices curiates et s'opposait au forum proprement dit, siège des comices tributes. La tribune devient le centre géographique du forum; l'orateur devient l'élément principal. Par contre, à la fin de la République, le forum, espace de la démocratie par excellence, déborde de son emplacement, et le précurseur de l'Empire, Jules César, en établit un autre au pied du mont Quirinal, qu'il orne de plusieurs monuments (en particulier d'un temple de Venus Genitrix). Ce nouveau forum fut appelé forum Caesaris ou forum Julii, du nom de son fondateur.
La parole trouve de nouveaux sites, avec la construction de plusieurs autres forums et la conception même de tels espaces indique à quel point leurs fonctions ne sont plus les mêmes: le forum n'est plus un lieu de décision, un lieu politique, ce n'est plus qu'un lieu de rencontre qui a perdu, en outre, toute valeur mythique et morale dans le monde de l'Empire. La détérioration ne vient pas uniquement des institutions et de la nature du nouvel État romain, elle vient aussi de la superficie qu'atteint Rome: un forum analogue à l'agora athénienne n'est plus imaginable dans une ville telle que la Rome impériale. Ainsi, les marchands prennent la place des orateurs, les intérêts se déplacent, le citoyen romain n'est plus un passionné de politique et, bientôt, on appelle forum toute place marchande (halles, par exemple). Parfois, dans les provinces de l'Empire, on appelle forum le centre administratif et les locaux du pouvoir central.
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Le Colisée ou amphithéâtre Flavien :
L'amphithéâtre Flavien fut appelé Colisée en raison de la proximité d'une colossale statue de Néron. Commencé par Vespasien en 72 apr. J.-C., il fut inauguré par son fils Titus en 80, qui, avec son frère Domitien, en acheva la décoration. Plus de 50000 spectateurs pouvaient se presser sur ses gradins, pour assister à des combats de bêtes fauves ou de gladiateurs, à des naumachies ou à des supplices. C'est au Colisée que de nombreux chrétiens subirent le martyre. L'édifice, construit en travertin, était une ellipse régulière (grand diamètre de 188 m et petit diamètre de 156 m), dont la façade extérieure présentait, sur 524 m de circonférence, trois niveaux ornés d'arcades rythmées, de haut en bas, de colonnes doriques, ioniques et corinthiennes, et un mur de couronnement pourvu d'ouvertures rectangulaires et de pilastres corinthiens; les arcades des deux étages intermédiaires abritaient des statues. Intérieurement, la cavea comportait cinq étages de gradins entourant la piste, que l'étage inférieur dominait de 4 mètres. On accédait aux gradins par des galeries, ou vomitoria, ménagées dans l'épaisseur de l'édifice, tandis que des couloirs permettaient de circuler sous la piste. L'arène était très probablement abritée du soleil et des intempéries par un immense vélum. Les dimensions énormes de cet amphithéâtre, l'originalité de sa forme, ses proportions harmonieuses et l'ingéniosité de ses équipements techniques le placent parmi les chefs-d'œuvre de l'architecture romaine. Alors que les temples et les théâtres romains s'éloignent assez peu des modèles grecs, les arènes, comme le Colisée à Rome, sont novatrices dans l'histoire de l'art.
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LES CITOYENS ROMAINS :
Les citoyens appartiennent soit à la classe riche des Honestiores (ordre sénatorial et ordre équestre), soit à la classe pauvre des Humiliores.
Sous la pression des circonstances, Rome a su, à l'inverse de la Grèce, distribuer d'abord chichement, puis libéralement le droit de cité. C'est ce qui a permis à Rome de devenir la capitale vénérée de tout un monde. Ainsi sous l'Empire, Rome accorde le droit de cité à nombres de villes provinciales.
L'Empereur AUGUSTE crée un système d'ordres afin de mettre fin à la lutte entre sénateurs et chevaliers. Mais c'est encore la richesse qui sert de base à la nouvelle hiérarchie. Pour faire partie de l'ordre sénatorial, le citoyen doit posséder 1 million de sesterces. Les privilèges attribués aux Sénateurs sont surtout honorifiques : ils gèrent les anciennes magistratures républicaines et deviennent sénateurs une fois qu'ils ont été questeurs. Les sénateurs sont reconnaissables aux souliers rouges qu'ils portent dès la naissance et au laticlave (large bande de pourpre verticale sur le devant de la tunique). Sous l'Empire on continue de dire "Senatus Populus Que Romanus" (S.P.Q.R.), ce qui signifie "le Sénat et le peuple Romain". Pour faire partie de l'ordre équestre, le citoyen doit posséder 400.000 sesterces. Les Chevaliers constituent la noblesse officielle et font carrière dans les charges nouvelles (préfectures, procuratèles). Les chevaliers sont reconnaissables à l'angusticlave (tunique à bande de pourpre étroite) et à l'anneau d'or qu'ils portent. A la tête de l'ordre équestre sont les princes impériaux dotés du titre de Princes de la Jeunesse.
Avoir des clients, à qui l'on donne même une toge pour qu'ils viennent vous saluer décemment, et en avoir beaucoup prouve votre influence mains ne vous dispense pas d'être client de plus puissant que vous. Seul l'Empereur n'est client de personne. Au IIeme siècle, il a pour clients les 150.000 prolétaires inscrits sur le registre de l'annone, et qui reçoivent leur vie durant, des vivres mensuelles.
Sous le Bas-Empire, les pauvres constituent une nouvelles classe sociale, les colons. Ils conservent tous leurs droits d'hommes libres, mais demeurent assujettis à la terre, et ont interdiction de la quitter un seul jour, de se marier hors du domaine,...etc...La fixation de chacun dans sa condition et des fils dans la condition des pères aggrave le colonat, qui est déjà impacté par la diminution du nombre des esclaves.
En 212, l'Empereur CARACALLA étend encore le droit de cité : est déclaré citoyen tout homme libre qui habite l'Empire, et cela afin que le Trésor perçoive l'impôt du 1/20 sur toutes les successions.
Au IVeme siècle, les petites gens (Humiliores) sont fixés héréditairement dans leur profession.
LES ESCLAVES , LES AFFRANCHIS :
Sous l'Empire l'esclavage se transforme. Le sort des esclaves s'humanise, sous l'influence du stoïcisme et du christianisme. Les Empereurs HADRIEN et ANTONIN feront punir le maître qui a tué son esclave. Les affranchissements deviennent très nombreux, dès le début de l'Empire, au point que les Empereurs devront les réglementer en interdisant aux maîtres d'affranchir par testament plus de 100 esclaves. Les Empereurs ne se priveront pas d'affranchir libéralement leurs propres esclaves, de les enrichir, d'en faire des citoyens, voire des chevaliers, et de leurs donner de grands rôles politiques comme pour PALLAS (affranchi et favori de l'Empereur CLAUDE ; sur son conseil l'Empereur CLAUDE épousa AGRIPPINE et adopta NERON ; de concert avec AGRIPPINE, il fit empoisonner son maître, mais il fut lui même empoisonné par NERON en 63) ou pour NARCISSE (affranchi de l'Empereur CLAUDE qui prit une grande part au gouvernement de l'Empire et fut contraint au suicide à l'avènement de NERON en 54). De plus, la mentalité romaine faisant, le travail de médecin, de physicien ou de chercheur ne devait pas être effectué par un citoyen romain, et par conséquent ces métiers étaient surtout exercés par des Grecs ou des orientaux, esclaves ou affranchis.
Sous le Bas-Empire, et à la faveur des troubles du IIIeme siècle, certains esclaves s'affranchissent en foule par la fuite, et constituent avec les pauvres libres qui se refusent au colonat, des troupes de brigands (comme les Bagaudes en Gaule) entre le IIIeme et le Veme siècle.
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LA MAISON :
Les hôtels particuliers : Les riches habitent des hôtels particuliers de plus en plus luxueux et confortables souvent équipés d'un système de chauffage central.
Les villas : La domus à atrium adopte un plan rectangulaire, et s'organise intérieurement autour d'une cour centrale, l'atrium. A partir du Veme siècle avant JC, l'atrium est couvert d'un toit à double pente, ouvert en son milieu en carré. Sur le sol, sous cette couverture, l'impluvium est un bassin destiné à recevoir les eaux de pluie avant de les canaliser vers une citerne. L'entrée de la domus est axiale : face à elle de l'autre côté de l'atrium, le tablinum, où se tient le maître. La domus avec péristyle emprunte le péristyle aux Grecs. Cette cour intérieure, comme l'atrium est entouré d'une colonnade qui assure la transition entre les appartements et le jardin. Autres types de maisons à péristyle : la maison d'Apuleius (utilisation d'un terrain en équerre autour d'un péristyle - le péristyle est donc le coeur de la maison, toutes les autres pièces l'entourent) et la maison au triclinium (utilisation d'un terrain presque rectangulaire). Toutes les villas sont somptueuses (or, ivoire, marbre, mosaïques,...) et très étendues avec jardins plantés d'essences rares, fontaines, statues,... Les villas des stations balnéaires donnent sur la mer par de larges baies et possèdent même leur embarcadère.
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Les immeubles de rapport : A Rome et dans les grandes villes de province, les insulae se multiplient. Les Empereurs doivent limiter la hauteur de ces immeubles qui ont une allure très moderne. Un locataire principal, le coenacularius loue tout l'immeuble et spécule sur la sous-location. Cet habitat collectif peut atteindre 4 étages ou même parfois 5 étages. Sous TRAJAN la réglementation interdisait de dépasser 18 mètres. À la fin de l'Empire, Rome compte 46000 insulae contre 1800 domus. A Ostie aussi leurs étages se dressent dans tous les quartiers, sans exception. Parfois le propriétaire loge au rez-de-chaussée, parfois n'y résidant pas, il converti ce rez-de-chaussée en boutique. Ces insulae sont faites de torchis ou de briques appliqué sur une armature en bois. Tandis que la maison romaine traditionnelle se referme sur elle même avec toutes ses pièces, donnant sur une cour intérieur, l'insulae, elle, ouvre ses fenêtres et ses portes sur l'extérieur.
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LE MOBILIER :
Le goût des beaux meubles est venu aux Romains lorsqu'ils eurent conquis les pays hellénisés de l'Asie. Les Romains copient donc les meubles orientaux et recherchent les bois précieux, les incrustations d'ivoire et d'écaille, les appliques de bronze, d'argent et d'or. Les formes de mobilier peuvent être compliquées, par exemple, les tables à un seul pied (monopodiae) et les tables à trois pieds (mensae delphicae). Les tables sont souvent en bronze avec plateau de marbre. La chaise à dossier courbe (cathedra) et l'armoire basse en bois et métal (armarium) sont fréquents. Le lit de table devient un triple divan (triclinium) en pierre, en bois ou en bronze, que l'on garnit de coussins destiné à l'ensemble des convives. Un matériel de cuisine comparable au nôtre se retrouve dans les maisons de Pompéi. Les riches possèdent de la vaisselle d'argent qu'ils exposent sur des tables de marbre fixées au sol. L'éclairage est obtenu au moyen de chandelles de cire coûteuses, disposées dans des candélabres luxueux ou des lampes à huile plus modestes. Le mobilier devenant abondant, le vénérable lararium (lieu du culte privé) est relégué sous le péristyle. Les pauvres sont réduits à un bât-flanc, à une écuelle et un gobelet.
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LE COSTUME ET LA PARURE :
Sous l'Empire, la toge cesse d'être le vêtement de ville. Sur la tunique, l'homme porte dorénavant le pallium (manteau grec rectangulaire) ajusté sans façon. En voyage, on porte la lacerna (pèlerine à capuchon) ou la paenula (gros manteau de pluie), sans manches. Les soins capillaires demandent de plus en plus de temps. La mode féminine exige des modifications fréquentes. Les femmes porteront ainsi des chignons postiches en cheveux blonds de femmes germaines. Les hommes se rasent depuis le IIeme siècle avant J-C et se font raser par un tonsor en boutique ou par un tonsor privé. L'Empereur HADRIEN inaugurera à Rome, la mode grecque de porter la barbe, et sera imité pendant plus de 150 ans.
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L' HYGIENE ET LA SANTE :
Malgré les limites technologiques de l'antiquité, les villes romaines étaient des lieux de vie propres et sains. La propreté était l'une des priorités individuelles ou collectives. C'était le génie civil romain qui s'occupait de la propreté de la cité. La propreté individuelle était l'affaire des thermes. Souvent dans les grandes cités des égouts étaient installés pour évacuer l'eau usée. Les romains construisirent des aqueducs pour minimiser les risques du à l'utilisation de l'eau des fleuves, et amenèrent au cœur des grandes villes de l'eau fraîche des sources. Par contre dans les quartiers pauvres, il n'y a pas d'accès aux égouts, et les détritus étaient jetés dans les rues. On trouvait aussi à Rome 150 toilettes publiques bien canalisées. C'est le manque de connaissances des romains sur les maladies qui permit très souvent que la peste ou d'autres maladies se répandent très rapidement dans tout l'empire. Ces épidémies se propageaient aussi avec facilités car véhiculées sur un réseau routier efficace avec des voies de communications qui menaient jusqu'à des régions lointaines de l'Empire. Les hôpitaux publiques se développaient mais la médecine stagnait. En effet, le travail de médecin, ou de physicien n'était pas digne d'être effectué par un citoyen romain, et par conséquent ces métiers étaient surtout exercés par des Grecs ou des orientaux, esclaves ou affranchis. La propreté individuelle était essentielle pour tous les romains, qu'ils soient nobles ou esclaves. Ils construisirent donc des thermes qu'ils entretenaient, où les romains pouvaient venir plusieurs fois par jour. Les bains n'étaient pas seulement un lieu où l'on se lavait mais aussi un centre communautaire où l'on pouvait trouver des boutiques, des stades, des gymnases, des musées, des bibliothèques, des galeries d'art. Ces thermes pouvaient couvrir jusqu'à 15 hectares pour les plus grands comme ceux construit par l'Empereur CARACALLA en 211. Les thermes étaient décorés de façon somptueuse avec du marbre de grande qualité, des statues et de nombreuses œuvres d'art. Un service d'esclaves obéissaient aux moindres demandes des baigneurs. Les thermes pouvaient être mixte mais dans ce cas les femmes y disposaient de leurs propres bains, ou le bain était séparé en deux parties avec les hommes d'un coté et les femmes de l'autre. La structure des thermes était standardisée, et on y trouvait en général les même sortes de bains, même si leurs agencements étaient différents. La tradition dictait l'ordre d'utilisation des bains : en 1er le romain rentrait dans l'apodyterium (vestiaire ou le citoyen pend ses vêtements), ensuite il rentrait dans le frigidarium (bassin d'eau froide), puis il disposait du tepidarium (bassin d'eau tiède), puis du caldarium (bassin d'eau chaude) et enfin du sudatorium (bain de vapeur). L'eau des bassins tièdes et chauds était chauffée par une invention romaine : L'hypocauste. Le plancher du bain était surélevé de quelques mètres au-dessus du sol sur des piliers de pierres. On trouvait à ce niveau un fourneau au charbon : le praefurnium. Dans les villas romaines le bain était suspendu au dessus du four à pain.
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La condition de la femme :
La femme, considérée comme mineure, reste toute sa vie soumise à une tutelle masculine. Dans les temps les plus anciens, le mariage cum manu la fait passer de l'autorité paternelle à l'autorité maritale. Il s'agit toujours de l'autorité absolue patria potestas du chef de famille pater familias qui a droit de vie et de mort sur tous ceux qui habitent sous son toit. Il peut punir de mort son épouse pour adultère ou pour toute autre raison. A partir de 445 avant J.C., les plébéiens ayant obtenu le droit de mariage avec les familles patriciennes, celles-ci font triompher progressivement le mariage sine manu : l'épouse reste alors, même après le mariage, sous l'autorité du père qui désigne pour lui succéder un tuteur légitime. A partir du IIe siècle avant JC, la patria potestas est progressivement limitée. La tutelle légitime, affaiblie par les lois d'AUGUSTE, sera complètement supprimée au IIe siècle après JC. Le mari peut répudier son épouse notamment pour stérilité, tentative d'avortement, falsification des clés...à condition de restituer la dot à la famille de celle-ci. Les femmes n'acquièrent le droit au divorce qu'au début de l'Empire.
La matrona ou mère de famille doit se comporter en épouse soumise, rester à la maison pour filer et tisser la laine, activité qui symbolise les devoirs mais aussi la dignité de sa fonction. Elle est en effet entourée d'honneur, en tant que gardienne du foyer, et dotée d'un certain pouvoir à l'intérieur de la maison : elle dirige les servantes (le trousseau de clés qu'elle détient est l'emblème de son pouvoir), elle a la charge d'éduquer les jeunes enfants qui conservent pour elle un immense respect. A partir de la fin de la République les femmes ont moins d'enfants et s'occupent de moins en moins de leur éducation. Elles sont moins cantonnées à l'intérieur de la maison. Au IIème siècle avant JC, elles manifestent dans la rue pour réclamer l'abrogation d'une loi d'austérité qui limitait leurs dépenses de toilette. Admises dans les banquets, plus instruites et cultivées qu'autrefois, elles participent de plus en plus à la vie mondaine, culturelle et politique de leur temps, même si elles n'ont pas le droit de vote ni celui de participer aux assemblées. Au Ier siècle après JC, les hommes voient avec inquiétude les femmes envahir des terrains jusque là réservés aux hommes : la littérature, les sports et même les sports de combat (les spectacles de gladiatrices sont réputés). Elles participent, surtout dans les milieux riches, au relâchement général des moeurs, elles rivalisent parfois de vulgarité avec les hommes dans les banquets, et multiplient adultères et divorces.
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Le mariage :
L'âge légal est de 12 ans pour les filles, 14 ans pour les garçons. Mais ceux-ci se marient en général vers 30 ans. A l'époque républicaine,on ne se marie pas par amour mais pour avoir des enfants et accomplir ainsi un devoir religieux (continuation du culte des ancêtres) et civique. Les romains de cette époque condamnent toute manifestation publique de tendresse entre époux.
A l'origine, seuls les patriciens ont le droit de se marier légalement. Les plébéiens n'obtiennent ce droit qu'en 450 avant JC, et les étrangers et les esclaves en seront toujours privés. Les mariages les plus anciens étaient des mariages cum manu qui faisaient passer la jeune épousée de l'autorité du père à celle du mari.
Il y avait trois formes possibles de mariage :
La confarreatio, cérémonie la plus ancienne, à caractère religieux et qui rendait le mariage indissoluble. Après la prise des auspices, les deux nouveaux époux offraient à Jupiter un gâteau de froment ou farreum qu'ils se partageaient ensuite devant l'autel domestique. A la fin de la République ce mariage n'est plus en usage que dans les familles de flamines (prêtres).
La coemptio consistait en un achat symbolique de la jeune fille par le fiancé. Le père accomplissait l'acte rituel de vente en prononçant la phrase "par l'airain (pièce de monnaie) et la balance, je transfère la propriété".
Le mariage per usum ou de fait, qui légitime une cohabitation d'une année.
A partir de 445 avant JC., date à laquelle les plébéiens obtiennent le droit d'épouser des filles de patriciens, se généralisent les mariages sine manu qui permettent au père de garder le pouvoir sur sa fille même après le mariage. Des artifices permettent de rendre sine manu les mariages par coemptio ou per usum. Mais à la fin de la République, ces deux formes de mariages ont pratiquement disparu. Un nouveau type de mariage apparaît dit nuptiae fondé sur le consentement mutuel.
Les cérémonies sont à peu prés semblables dans les diverses formes de mariages. La cérémonie préalable au mariage est les fiançailles. Sous l'Empire, elles consistent en un engagement réciproque des fiancés devant témoins. Le fiancé passe un anneau à l'annulaire gauche de la jeune fille et lui offre des cadeaux, souvenir probable des arrhes qui scellaient le contrat des fiançailles à l'époque de la coemptio. La veille du mariage, la fiancée revêt une tunique blanche, tissée de façon traditionnelle et coiffe ses cheveux en six tresses ramenées autour de la tête à la manière des vestales. Le matin du mariage, elle s'entoure d'un palla ou manteau couleur safran, chausse des sandales de la même teinte, et se couvre la tête d'un voile orangé flamboyant sur lequel est posée une couronne de fleurs. Au domicile des parents de la mariée, on fait un sacrifice sur l'autel domestique et l'on consulte les auspices. Puis une matrone n'ayant été mariée qu'une seule fois, joint devant 10 témoins, les mains droites des nouveaux époux en signe d'engagement mutuel à vivre ensemble. Durant la nuit, à l'apparition de l'étoile Vesper, un simulacre d'enlèvement de la mariée met fin au festin de noces. Un cortège, précédé de porte-torches et de joueurs de flûte accompagne la mariée jusqu'au domicile de l'époux. Les amis des deux nouveaux époux chantent alternativement un chant d'hyménée interrompu par des exclamations rituelles et des plaisanteries grivoises qui fusent de toutes parts. On lance des noix aux enfants. Deux amies de la mariée portent le fuseau et la quenouille qui sont les symboles de ses vertus domestiques. Accueillie par son époux qui lui demande son nom, elle répond par la formule rituelle "Où tu seras Gaius, je serai Gaia". Elle orne les montants de la porte avant d'entrer puis les amis du marié la soulèvent pour lui faire franchir le seuil dans un souci d'éviter un mauvais présage. Son époux lui présente l'eau et le feu, symboles de la vie commune et du culte familial, ainsi que les clés de la maison. Elle offre à son tour 3 pièces de monnaie, l'une à son époux, l'autre au dieu Lare, la troisième au dieu du carrefour le plus proche.
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L'évolution des techniques :
Il faut souligner l'exploitation par les romains des techniques venues du monde greco-oriental , avec un certain retard aux débuts, mais avec de nombreuses et ingénieuses améliorations.
Métallurgie : Dès l'origine les artisans romains formés par leurs voisins étrusques fournirent des métaux dont la qualité soutint la comparaison, avec un certain retard, avec celle de ceux des producteurs de nations scientifiquement plus évolués. Ce retard disparaît quand Rome contrôle ces nations. Le cuivre et l'étain étant rares en Italie, pendant longtemps le bronze fut réservé aux objets à la fois indispensables et ne pouvant alors être obtenus que par coulée (les casques par exemple). Conscient de ces pénuries, dès le IIème siècle avant J-C, le Sénat prescrivit le recensement détaillé et réglementa l'exploitation des divers gisements métallifères de toute l'Italie : il fallait se garder la possibilité (au besoin, en utilisant des minerais très pauvres) de vivre en autarcie pendant le temps nécessaire à régler un soulèvement dans une province extérieure productrice, ou de vaincre une nation exportatrice qui entrerait en conflit avec Rome. Le premier emploi courant de l'alliage cuivre-zinc se fit au milieu du IIème siècle où il fut décidé de l'utiliser pour la frappe des pièces de monnaie de faible valeur en raison de sa résistance à l'oxydation.
Travail du bois : L'outillage romain est successivement équivalent à celui des Étrusques, puis des Grecs et des Orientaux. En revanche, les conquêtes vont faire connaître en Italie des essences de bois comme le cèdre du Liban ou le sapin du Nord, mais qui pourront être travaillées avec l'outillage usuel du menuisier et du charpentier. Au plan militaire, une différence considérable avec les troupes greco-orientales se trouve dans le fait que si tout légionnaire porte un outil de terrassement, il porte aussi en général un outil de charpentier (plus rarement de travail du fer) comme le besaiguë, la scie à deux mains, la hache ou la herminette et qu'il sait utiliser. En d'autres termes, tout fantassin est aussi un soldat du Génie.
Travail de la pierre et chantiers : Les Romains saisirent vite l'intérêt de routes utilisables en toutes saisons pour l'acheminement rapide des informations ou celui de troupes et les facilités offertes au commerce. Les fameuses voies romaines ainsi que les ponts furent l'œuvre des légions avec l'aide des populations locales (si l'arche en briques avait été utilisée en Orient, Rome utilisa la pierre taillée. L' invention de l'arche et de la voûte est Etrusque). Un principe de construction de la voie romaine est que partout où il y avait risque de dégradations, à la fois par l'utilisation et les intempéries, elle était construite de manière à résister à ce risque en toute saison (creusement de l'emprise jusqu'à 60 ou 80 cms de profondeur; dépôt d'un lit constitué d'un mélange étudié de sable, cailloux et pierres concassées, et pose d'une couche de surface de dalles jointives de pierre non gélive). Malgré la faible largeur de 3 à 4 mètres seulement (sauf à la périphérie des villes) la réalisation des voies romaines représente un travail d'une ampleur colossale pour l'époque. Sous l'Empire le réseau des voies principales convergeant vers Rome dépassait 80 000 kms et celui des voies secondaires (ou de jonctions) environ 240.000 kms.
Machines : Aux instruments simples des origines comme le levier, le coin ou les rouleaux, vinrent s'ajouter à partir du IVème siècle les inventions des ingénieurs grecs comme le treuil, la poulie, le cabestan, la roue dentée à cliquet, la moufle au IIIème siècle, puis la grue qui associe le treuil, la moufle et la flèche porteuse, et enfin l'engrenage entraîné par vis sans fin.
Emploi de la force animale : Les romains conservèrent la lanière de traction pour les chevaux, mais elle a le défaut d'asphyxier l'animal (un décret limita la charge à tirer à environ 500 kg par animal). Le joug des bœufs resta celui de la haute antiquité, qui ne permet pas non plus aux bêtes de donner toute leur puissance puisque ce sont les cornes qui tirent et non le front qui pousse.
Emploi des forces naturelles : le moulin à vent à axe vertical, de HERON. La roue à eau avec norois à axe vertical et aubes dans un plan horizontal, de rendement médiocre, mais actionnant directement les meules . La roue à eau avec aubes dans un plan vertical, recevant le courant par dessous. La roue à eau avec augets dans un plan vertical, recevant le courant par dessus. Les deux dernières, pour donner une rotation en plan horizontal, devaient être suivies d'un engrenage de bois à cage. Il semble que ce soit aux débuts du IIème siècle de notre ère que ces roues commencèrent à être utilisées dans des scieries de bois et de marbre; et aussi des minoteries
Médecine, chirurgie : Elles ne marquent aucun progrès, voire une certaine régression, par rapport à celles de l'époque, déjà lointaine, d'HIPPOCRATE.
Damian Argo
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Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:40
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LES ORIGINES DES COMBATS DE GLADIATEURS :
L’origine de ces affrontements est attribué aux Étrusques qui organisaient des cérémonies funéraires (les ludi) où l'on se battait à mort en mémoire d’un défunt. Ces affrontements constituaient une sorte de sacrifice du sang, offert aux morts devant leurs tombes, pour leur permettre de survivre dans l'au-delà. De la pratique des ludi Étrusques, on dérive lentement vers les munera romains, des cérémonies que devaient financer les édiles d’une communauté et qui impliquaient des combats de gladiateurs. Au début, les gladiateurs se battaient un contre un, puis par paires, avant que les jeux soient de plus en plus richement dotés. Les Romains transformèrent ces combats en un véritable spectacle, dont le prétexte était toujours le culte des ancêtres (une brève cérémonie continuait de précéder le combat ), mais qui devint bientôt pour eux une distraction très appréciée. Ces jeux sanglants prirent, sous l'Empire, des proportions de plus en plus importantes qui parfois dépassent l’entendement. TITUS sacrifie ainsi 9000 bêtes lors de l'inauguration de l'amphithéâtre Flavien (ou Colisée) et TRAJAN organise des jeux durant 120 jours où il met en scène 11000 animaux et 10000 gladiateurs pour célébrer son triomphe contre les Daces. Le but des jeux était de donner une leçon de combativité et de courage aux spectateurs. Les structures sociales du monde romain expliquent que le recrutement des gladiateurs y ait été possible. En effet, il s'agissait, pour la plupart, d'esclaves qui choisissaient ce moyen pour tenter de sortir de leur condition, car la victoire pouvait leur permettre d'être affranchis, mais il y avait aussi des hommes libres qui s'engageaient pour des raisons économiques. Pour rassasier un public vite blasé, les organisateurs multiplient les raffinements. Le bizarre côtoie le luxe, et l’exotisme se mesure au passé, comme le montrent ces rencontres improbables entre des gladiateurs armés à l’ancienne et des tigres ou des hippopotames. Sans oublier ces chasses mémorables où des femmes et des nains jouent les vedettes. Les femmes descendaient également dans l’arène, ces combattantes qui égorgeaient des lions étaient aussi glorifiées que les hommes. En plus de ces combats plus ou moins équilibrés, l’amphithéâtre servait également de décor à diverses exécutions de prisonniers de guerre ou criminels de droit commun obligés de s’entre-tuer jusqu’au dernier, ou encore chrétiens exécutés pour leur foi. Un menu parfois rehaussé par l’élaboration de décors dans l’arène, des collines ou des forêts, qui permettaient de proposer un spectacle plus réaliste, voire de créer des effets de mise en scène. Les spectacles pouvaient également comporter des aspects plus proches du music-hall ou du cirque d’ aujourd’hui.
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LES GLADIATEURS :
Les gladiateurs étaient partagés en plusieurs catégories, selon leur armement et leur façon de combattre. Le Samnite est la plus ancienne forme de la gladiature. Il était lourdement armé d'un casque, un bouclier long, une jambière gauche et une épée. A partir d'AUGUSTE les Samnites se divisent en Sécutores (opposés aux Rétiaires) et en Oplomachi (opposés aux Thraces). L'Oplomaque était revêtu d'une lourde armure alors que le Thrace était légèrement armé d'un petit bouclier rond, d'un casque, de 2 jambières, d'un brassard droit et d'un sabre court recourbé. Le Myrmillon ou Gaulois, coiffé d'un casque au cimier en forme de poisson et équipé d'un petit bouclier et d'une épée, était souvent opposé au Rétiaire, équipé d'un protège-épaule, d'un filet de pêche et d'un trident. Certains même combattaient à cheval (les Essédaires) ou en char. Les gladiateurs s'entraînaient dans des casernes spéciales, et leur maître, le lanista, les louait très cher à ceux qui offraient le spectacle. Certains gladiateurs pouvaient remporter de nombreuses victoires, l’un d’entre eux en comptabilise 50, ce qui ne les empêchait pas de mourir jeunes. Ces combattants portaient des surnoms qui les accompagnaient jusque dans la tombe, tels Ferox, Fulgur (rapide comme l’éclair) ou Ursius (qui a la force de l’ours).
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LES COMBATS DE GLADIATEURS :
Les combats avaient lieu dans un amphithéâtre et pouvaient durer la journée entière. À Rome, les gladiateurs venaient saluer l'empereur de la phrase rituelle : "Ave Caesar, morituri te salutant" ce qui signifie "Salut César, ceux qui vont mourir te saluent". Les affrontements se déroulaient dans une atmosphère souvent passionnée, et les spectateurs engageaient généralement des paris. Le vaincu, s'il n'était pas tué, s'en remettait au public : étendu sur le dos, il levait la main gauche pour demander grâce. Le vainqueur se retournait alors vers la foule, qui rendait son verdict : le pouce en l'air signifiait la grâce, le pouce tourné vers le sol, la mort. Recrutés dans la lie de la population romaine (prisonniers de guerre, criminels , esclaves…), les gladiateur s étaient formés dans des écoles spécialisées. Ils avaient en principe mauvaise réputation, mais les plus efficaces d’entre eux, une fois libérés pour leur vaillance, étaient parfois recrutés comme gardes du corps et avaient beaucoup de succès auprès des nobles romaines. A l’entraînement , on leur inculque le maniement d’armes tout à fait inhabituelles. Le combat de gladiateurs oppose en effet des adversaires qui n’ont rien à voir avec les soldats de l’époque. Le cavalier parthe n’affronte pas le légionnaire romain dans l’amphithéâtre. Les gladiateurs ne sont pas des soldats, mais des combattants spécialement entraînés qui s’initient à une tradition issue du spectacle funéraire très différente du combat en rase campagne. L’affrontement classique réunit en une opposition de styles le lourd mirmillon armé d’une épée courte et protégé sous une carapace de fer (casque à trous, jambières, couvre-bras, bouclier) au léger rétiaire, dont les seules armes sont un filet et un trident. On rencontre aussi d’autres figures comme le thrace (lourdement protégé et armé d’une épée recourbée) , le samnite ou le secutor (le gladiateur chasseur) dont les équipements sont également très différents des équipements militaires et notamment du légionnaire romain lourdement équipé. Connu dans le monde grec avant d’être utilisé dans les jeux du cirque romain, le char est un héritage oriental venu des plaines de la Mésopotamie. Les chars sont conduits par un aurige qui emmène le combattant jusqu’au champ de bataille où il descend pour affronter un autre guerrier également venu en char. Le char est encore très présent à Olympie, où des concours sont organisés durant toute l’Antiquité.. Les Romains cèdent à la passion de ces compétitions. Dès le Ier siècle après J-C on assiste à des courses où quatre chars portent quatre couleurs différentes, soutenus par des groupes de supporters avec l’Empereur à la tête de l’une de ces factions.
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LA FIN DES COMBATS DE GLADIATEURS :
Les origines religieuses des combats de gladiateurs expliquent sans doute que les jeux du stade aient été très peu critiqués. Les critiques ne débutent qu’avec le développement du christianisme. Et encore restent-elles étonnamment modérées. Certains chrétiens ont bien dénoncé la lubricité et la dégénérescence progressive des spectacles. D’autres ont protesté parce que ces jeux détournaient l’homme de la nécessaire recherche de son salut. Ces critiques, doublées de l’arrivée de chrétiens au pouvoir, n'ont pas eu raison des jeux. Ce sont des raisons économiques, davantage que la condamnation morale, qui ont conduit à la disparition de ces spectacles violents, cruels , et pourtant très populaires. Les combats de gladiateurs se firent de plus en plus rares, avant d'être définitivement supprimés par un édit de l'empereur HONORIUS, en 404 de notre ère.
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L'ARMÉE IMPÉRIALE ROMAINE :
L'armée impériale est une armée de métier. Le nombre d'hommes que l'armée Romaine entretenait était d'environ 330 000 hommes (165 000 légionnaires et 165 000 auxiliaires).
La hiérarchie de l'armée impériale Romaine : L'Empereur est le général en chef qui a sous ses ordres toutes les forces militaires composant l'armée. Les préfets de camps administrent les camps fixes installés sur les frontières. Chaque préfet a donc plusieurs légions à administrer, et il commande les réserves qui demeurent au camp pendant les combats. Les officiers d'état-major sont les légats (général d'armée) et il y a 1 légat par légion. Pour chaque légion il y a 6 tribuns militaires (titre honorifique sous l'Empire) qui sont des officiers supérieurs choisis par l'Empereur et 59 centurions. Chaque centurion (officier subalterne) avait pour adjoint 1 optione (sous-officier) et un groupe de sous-officiers (le porte-enseigne ou signifer, l'instructeur ou campidoctor, le préposé aux subsistances ou pecuarius, l'architecte, le médecin militaire, un tesserarius qui chaque nuit recevra le mot de passe inscrit sur une tablette (tessera), le chef de musique et ses musiciens, des sonneurs de cor ou de trompette qui annonceront les exercices, les tours de gardes, le réveil et l'extinction des feux.). Dans chaque cohorte, le 1er centurion, ou pilus prior, commande sa centurie et l'ensemble de la cohorte. L'insigne des centurions est le cep de vigne. De la même manière, toute unité auxiliaire a un chef, des centurions (dans l'infanterie) ou des décurions (dans la cavalerie).
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La légion impériale : Les légions sont au nombre de 28 sous l'Empereur AUGUSTE et jusqu'à 33 sous le règne des SEVERE. Une légion varie de 5000 hommes à 6000 hommes répartis dans 10 cohortes (1 cohorte = environ 600 hommes) de 6 centuries chacune (1 centurie = environ 100 hommes). Chaque homme appartient à une centurie. 2 centuries forment une manipule, reconnaissable pendant le combat à son étendard et 6 centuries constituent une cohorte. Les cohortes sont numérotées de I à X (la Iere est la plus prestigieuse ). A chaque légion est attaché un corps de cavalerie d'environ 120 hommes (et jusqu'à 300). Le corps d'élite est la légion. Elle se voit adjoindre des troupes légères et mobiles recrutées dans les Provinces (les auxiliaires), et des troupes recrutées à la frontière de l'Empire et qui conservent leurs armements et leurs usages de combats (les numéri). Les soldats s'engagent dans la légion pour une durée de 20 ans pour les légionnaires ou de 25 ans pour les auxiliaires. Le recrutement des légions se fait surtout parmi les provinciaux qui, depuis AUGUSTE, y trouvent toute une série d'avantages : solde importante (de 150 deniers à 500 deniers par an) augmentée de primes diverses, une retraite (attribution d'une somme de 3000 deniers et de portions de terrains) et pour les soldats des auxiliaires le droit de cité en fin de service.
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Les cohortes prétoriennes : Elles dérivent de la garde d'honneur du général et deviennent la garde personnelle de l'Empereur. Corps d'élite formé en principe d'italiens éprouvés, les cohortes prétoriennes prendront souvent une importance considérable dans la proclamation des Empereurs. Les effectifs varieront de 5000 soldats à 10 000 soldats qui sont répartis au sein de 10 cohortes prétoriennes. Chaque cohorte est divisée en 10 centuries d'infanteries flanquées chacune d'une turme de cavalerie. L'encadrement est effectué par 2 préfets du prétoire, des tribuns, et des centurions assistés d'optiones. La solde du soldat est élevée (500 deniers par an) et le service n'est que de 16 ans.
Les cohortes urbaines : Ce sont des milices de citoyens romains pour veiller à la garde de la cité. Leur nombre est de 4 à Rome (6000 hommes), une à Lyon et une à Carthage. L'encadrement est effectué par 1 préfet de la ville, et de 4 ou 6 tribuns. La solde du soldat est de 250 deniers par an et le service est de 20 ans. Les miliciens des cohortes urbaines sont considérés comme inférieurs aux prétoriens mais supérieurs aux légionnaires.
Les cohortes de vigiles : Ce sont des milices composées d'esclaves puis d'affranchis pour lutter contre les incendies. Pour faciliter le recrutement, le droit de cité est accordé aux vigiles après 6 ans de service (plus tard 3 ans seulement). L'effectif des cohortes de vigiles est de 7000 hommes. Le nombre des cohortes de vigiles est de 7 (à Rome qui est divisée en 14 régions (chaque cohorte de vigiles surveille 2 régions). Chaque cohorte est divisée en 7 centuries. L'encadrement est effectué par 1 préfet des vigiles, et de tribuns. Chaque centurie comprend plusieurs sections spécialisées comme l'alimentation en eau, la manoeuvre des pompes, l'extinction des incendies au moyen de couvertures imbibées de vinaigre, la manoeuvre de matelas destinés à amortir la chute des sinistrés, ou la protection des prisons, des magasins et des thermes.
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La cavalerie : Au début de l'Empire, la cavalerie fut organisée en régiments ou alae de 500 hommes. Puis, comme dans l'infanterie, des unités de 1000 hommes furent créées à la fin du Ier siècle après J.C. Ces alae étaient divisées en turmae de 30 à 40 hommes. Chaque turma était commandée par un décurion. Les alae étaient commandées par des préfets. La cavalerie n'était pas le fort de l'armée romaine. Elle fut souvent battue par des ennemis possédant une meilleur force montée. Les Romains n'étaient pas bons cavaliers, leur cavalerie fut donc surtout composée d'alliés. La cavalerie romaine se compose de 4 corps différents : les cohortes mixtes (1/4 de cavaliers pour 3/4 de fantassins, combattants mêlés), la cavalerie légionnaire (120 à 300 citoyens par légion), la cavalerie des ailes (engagés volontaires citoyens et provinciaux), et les corps indigènes (unités qui ne sont pas permanentes).
La marine romaine : Le modèle du navire de guerre était la galère, un bateau à rames. Les premiers navires romains furent des quinquirèmes (galères à 5 rangs de rames) inspirées des navires carthaginois. Une flotte permanente est créée sous AUGUSTE qui sert à la police navale, à la protection des convois de ravitaillements, et au convoyage des hommes et des matériels lors des expéditions orientales, mais jamais ces flottes n'auront à livrer de batailles rangées. Cette marine romaine comprend 8 escadres (Misène et Ravenne en Italie, Fréjus en Gaule, Bretagne, Libye, Alexandrie, Syrie, Pont) et 3 flottilles (Rhin, Lac de Constance, Danube). Les navires sont des vaisseaux longs (2,3,4,5 ou 6 rangs de rameurs avec éperon), des navires de transports (environ 100 hommes par bateau) et des avisos (petits navires de guerre chargés de porter des paquets, des ordres, ou des avis). Les Romains se sentant plus vulnérable en mer, ils mirent au point un dispositif pour rapprocher le combat naval du combat de terre : le corvus, une passerelle d'abordage articulée, fixée à la proue du bateau. Une fois le corvus abattu, les soldats déferlaient sur le navire ennemi en formation serrée, protégés de tous cotés par leurs grands boucliers. Sur chaque navire, il y a un capitaine, un pilote, des décurions et des soldats. Les rameurs sont des esclaves. On compte 300 rameurs et 120 soldats sur un bateau. Les romains savaient construire des navires exceptionnels par leur volume, leurs qualités lors des manoeuvres, et leur armement. Les vaisseaux de guerre romains ont été les plus gros que l'Antiquité ait connue, mais aussi les plus solides : les architectes des arsenaux faisaient d'abord installer les poutres transversales et les membrures, puis les planches latérales qui étaient assemblées l'une contre l'autre, bord à bord. Les navires de guerre romain étaient bien armés : un éperon en bronze, installé sous l'étrave, permettait de détruire tout navire ennemi qui était heurté de flanc. Sur le pont, étaient disposées des pièces d'artillerie qui projetaient des flèches ou des pierres. Les Romains faisaient aussi usage de projectiles inflammables. Des tours permettaient de dominer l'ennemi au moment de l'abordage. Chaque navire recevait, en plus de son équipage, des troupes qui pouvaient intervenir depuis le pont du navire, et qui servaient de forces de débarquement. La flotte de guerre aura un rôle essentiel au IIIeme siècle, en garantissant la sécurité des mers, face à la recrudescence de la piraterie, et en assurant rapidement les transports de troupes qui deviennent vitaux pour l'Empire. Les soldats s'engagent pour 26 ans au bout desquels les non-citoyens reçoivent le droit de cité. Le recrutement s'effectue essentiellement parmi les provinciaux. Le commandement de chaque escadre revient à un praefecti (amiral) qui est souvent un chevalier, mais il peut être aussi un affranchi. Les officiers de marine sont peu considérés. Un commandant d'un bateau de la marine, le triérarque, est assimilé au centurion de l'armée de terre.
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Le soldat et son équipement : Une armée avançait de 25 à 30 km par jour, cependant cette distance pouvait tripler lors des marches forcées. L'équipement du soldat comprenait une cuirasse (lorica segmentata) protégeant le thorax, une tunique courte (vestitus) et une culotte courte : sur le côté droit, un glaive (gladius) suspendu à une courroie en bandoulière, sur la hanche gauche, un poignard (pugio). Une sorte de tablier (cingulum) était fixé à la ceinture, il était fait de lanières de cuir ornées de plaques métalliques qui s'entrechoquaient à chaque pas (afin de faire peur aux ennemis). Un bouclier (scutum), un casque (galeum), deux javelots (pilum) et des chaussures (caligae) faites d'une seule pièce de cuir (plus le lacet pour certains modèles), avec des semelles en triple épaisseur et un cloutage serré, complétaient l'armement. L'hiver le légionnaire portait des chaussettes en peau de lièvres ou de chats. L'équipement complet d'un soldat pesait entre 25 kg et 40kg.
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Les campements : Les conditions de vie des militaires étaient extrêmement variables. Dans les casernements, les soldats se partageaient à 8 des chambrées de 30 à 35 m2 comportant autant de couchettes que d'occupants, une table et un foyer. Les centurions disposaient, pour eux et pour leurs serviteurs d'une habitation de plusieurs pièces. Même un soldat pouvait posséder un esclave. Quand les légionnaires sont affectés quelque part de façon permanente, ils vivent dans une forteresse aux constructions en pierre. Les règlements de l'armée romaine stipulaient que même un campement provisoire devait être solide et bien protégé. Chaque soldat portait une pelle-bêche, car elle servait à creuser un fossé autour du camp. La terre était rejetée vers l'intérieur pour constituer un talus qui était ensuite couvert de gazon et surmonté d'une solide palissade de pieux. Dans le camp, les soldats et les officiers vivaient dans des tentes en cuir installées par rangées de 10. Des camps plus durables avaient la même forme générale carrée, cependant ils comportaient des bâtiments en bois ou même en pierre. Tous les camps romains comportaient des emplacements spécialement réservés aux étables, aux bagages et aux cuisines, situés si possible toujours au même endroit.
Le service : L'armée impériale devenue permanente connait des périodes d'inactivités. On les met à profit pour instruire les soldats et leur faire accomplir manoeuvres militaires et exercices : marches (3 fois par mois 30 kms avec l'équipement de campagne de 25 kgs, la moitié du parcours au pas, l'autre moitié à la course), abattages d'arbres et creusement de fossés, sports (saut, natation, équitation) et maniement d'armes. En outre, les soldats sont employés à des travaux aux frontières (fortifications) et à la construction de routes. Parfois, ils travaillent sur les chantiers publics et aident à élever aqueducs ou amphithéâtres.
La protection des frontières (le limes) : Au 1er siècle, les limes étaient des routes militaires jalonnées de postes fortifiés et destinées à favoriser d'éventuelles offensives en pays étrangers. Après le 1er siècle, les limes deviennent des frontières défensives. La grande majorité des effectifs militaires disponibles sont massés dans les provinces frontalières. Les légions sont toutes réparties le long du limes, à faible distance de la frontière, à l'exception de la VIIeme Gemina isolée en Tarraconaise à Legio, et de la IIeme Parthica à Albanum.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:41
Les influences historiques multiples qui ont façonné le statut de la femme, dans la société romaine tiennent principalement aux racines agraires de la contrée du Latium, à la culture étrusque précédant celle de Rome, du 8e au 3e siècle avant notre ère, et à la présence d'une colonie grecque implantée plus au sud.
A la période archaïque, la femme est dans l'état absolu de dépendance, mais après la période étrusque elle gagnera les mêmes libertés que les hommes.
Un métissage culturel a donc présidé à l'organisation de la vie familiale et sociale des romains.
Il en est résulté chez ce peuple, la construction d'une famille monogame, la Familia, et une répartition bien dessinée des rôles respectifs de l'un et l'autre des conjoints.
Les comportements des époux étaient strictement contrôlés et sanctionnés par une société s'appuyant sur des vertus nécessaires, selon les responsabilités des deux sexes et selon la conception établie des droits intangibles de l'épouse et de la mère.
Ainsi, les tuteurs ne pouvaient épouser leur pupille; un sénateur ne pouvait convoler avec une esclave affranchie.
Rome étant soumise à un pouvoir militaire fort, l'influence des femmes dans un rôle politique était rare, ne pouvant concerner que quelques-unes d'entre elles qui appartenaient à la famille impériale et aux grandes familles patriciennes.
Dans le domaine religieux, la charge de prêtresse n'exista que dans peu de cultes, comme celui de la déesse Demeter et celui de la déesse Vesta.
Les femmes n'avaient pas le droit de vote. L'époux exerçait seul le pouvoir dans sa famille.
Mais la direction pratique de la maison était du domaine de l'épouse. Elle était la domina domus ou la patrona. Elle était également la matrona dirigeant l'éducation des enfants. Le père gardait la sentence, la punition relevant de lui seul.
L'école élémentaire (litterarum ludi) était obligatoire sous l'Empire. La scolarité durait cinq ans et était accessible aux filles. Il y avait très peu d'analphabètes.
Les classes supérieures (philosophie, rhétorique) étaient réservées aux familles patriciennes et fortunées.
Il y avait une sorte d'obligation de fonder une famille, car le devoir de la citoyenne romaine était de donner aux moins trois enfants à l'Etat. Celui-ci versait une prime de naissance instituée depuis le règne de l'Empereur Auguste, uniquement en faveur de celles qui détenaient la citoyenneté.
Dans la classe favorisée notamment, les séparations et les remariages étaient fréquents. Un homme aisé se remariait quatre ou cinq fois. Les femmes d'un rang élevé, qui divorçaient moins facilement ne pouvaient se mésallier en épousant un prétendant de rang social inférieur. Elles vivaient dans ce cas en concubinage, malgré les critiques. D'autant que les veuves avaient le droit à l'héritage de l'ex-conjoint jusqu'au remariage suivant. Depuis le premier siècle de notre ère, les fiançailles se déclaraient avec engagement mutuel, rédaction d'un contrat financier et cérémonie religieuse, festin pour le jour du mariage et le lendemain. Ainsi se dessina ce qui deviendra le mariage chrétien.
Pour ce qui était de la vie courante les femmes sortaient librement, même seules, faisaient leurs achats dans les boutiques, allaient aux thermes, recevaient et rendaient leurs visites.
Dans l'univers du travail, la majeure partie des travaux des champs revenait aux femmes (vigne, blé, lin).
Les travaux de la restauration et de la gastronomie n'étaient pas jugés convenables alors que la branche des textiles leur était entièrement ouverte.
Elles pouvaient aussi exercer les métiers de sage-femme, nourrice, préceptrice et même médecin. Elles pouvaient aussi être gladiateurs.Les observations et les critiques des moralistes regrettant les époques où la femme devait se consacrer à la maison, aux enfants et au tissage des vêtements, les remarques acerbes de l'écrivain et homme politique Suetone, les mesures prises par les Empereurs Auguste et Domitien sur les inconduites des divorcées ne doivent pas faire penser que l'immoralité était générale.
La prostitution était reconnue et règlementée. La loi considérait comme "meretrix" toute femme qui faisait commerce d'elle-même dans une maison, une auberge, un lieu public. Beaucoup se prostituaient sans aucune dissimulation.
Les prostituées, qui ne comprenaient ni les actrices ni les danseuses, de réputation pourtant détestable, étaient tenues de se présenter aux magistrats de police pour une inscription sur un registre ce qui les condamnait au paiement d'une taxe. Beaucoup étaient des esclaves ou des affranchies.
Les plus raffinées étaient courtisanes et participaient à des banquets exclusivement masculins.
Elles étaient frappées d'incapacité juridique, ne pouvaient témoigner en justice, ni hériter ni se montrer au théâtre.
Le mariage leur redonnait une respectabilité légale.
Les Romains jugeaient normale la liberté des moeurs. Il était admis d'engager des esclaves jeunes et belles dans la maison d'un homme marié, sans susciter de réprobation de la société.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:42
Comme dans toutes les cités antiques, Rome a conçu un Etat de droit civique qui se fondait sur l'inégalité des classes sociales.
Le principal droit des citadins, le droit à la liberté, était en liaison directe avec la condition de citoyen romain et, par extension, était reconnu à des citoyens d'autres communautés ayant avec Rome des rapports officiellement établis par traité.
Pour tout autre habitant, l'état de droit n'existait pas. En revanche existait à Rome, pour tout résident, l'obligation de contribuer par le travail à la vie de la communauté.
C'est ainsi que les prisonniers de guerre, ramenés à Rome avec le butin, constituaient le plus grand nombre des esclaves soumis à l'obligation du travail.
Etaient également réduits à l'état d'esclave les personnes endettées non solvables. Pour ces cas, cependant, le remboursement des dettes faisait retrouver la condition d'homme libre.
La Rome antique avait institué l'esclavage d'une façon limitée. Mais la période républicaine vit se développer cette utilisation de l'homme par l'homme, en toute possession, avec droit de vie et de mort.
Au cours des trois Guerres puniques contre Carthage et particulièrement à compter de la seconde guerre, le développement de l'esclavage prit une ampleur croissante. L'afflux exceptionnel des hommes réduits à la servilité transforma profondément la société romaine par l'arrivée de cent mille prisonniers. Après la chute de Carthage en 146 avant J.-C. : cinq cent mille; après la victoire sur la Macédoine : cent cinquante mille; quatre vingt mille en Sardaigne.
En cent ans, le nombre des prisonniers des deux sexes atteignit le million d'individus y compris ceux que les pirates et les trafiquants d'Orient et de Grèce apportaient sur le marché.
Les esclaves amenés pour être vendus avaient les pieds peints en blanc pour empêcher toute possibilité de fuite. Ils portaient un collier de métal indiquant le nom gravé de leur propriétaire. Un écriteau placé à leur côté indiquait l'origine, l'âge et les aptitudes. Les prix d'acquisition variaient selon les possibilités de l'offre, selon l'âge et le sexe, selon la condition physique, selon la qualification.
Beaucoup étaient affectés à l'élevage industriel du bétail du domaine de l'Etat romain, qui nécessitait une importante main d'oeuvre, à la culture des céréales, de la vigne, aux oliveraies, à la coupe des bois, au travail des métaux, à la taille des pierres, à l'entretien des écuries, des serres, des caves, des dortoirs des ouvriers.
Les esclaves étaient parqués la nuit dans des baraquements.
Au service domestique des citadins, ils pouvaient être mieux traités.
Ils ne recevaient aucune rétribution. Mais le travail de l'homme libre était peu payé et son niveau de vie extrêmement modeste ne s'élevait guère au-dessus de celui de l'esclave.
Le prix de revient d'un travailleur libre était à peine le double de celui d'un travailleur servile.
Le propriétaire d'un esclave avait le droit de l'affranchir de sa condition, c'est à dire d'en faire un homme libre. Il était alors simplement soumis à une taxe.
La condition pénible d'être privé de tout droit fut allégée sous l'Empereur Hadrien (117-138) qui restreignit le droit de vie et de mort qu'un maître avait sur l'esclave et le réduisit à des circonstances précises.
Il fut interdit également à un maître de livrer une femme esclave à la prostitution.
Les idées nouvelles venues du monde hellénique modifièrent l'attitude générale des Romains à l'égard du personnel servile.
Dès le 1er siècle de notre ère, sur les écrits des philosophes, on se mit à se convaincre que tout homme libre ou esclave était esclave du destin, que les maladies et la mort accablaient sans distinction d'origine.
Ainsi, dès avant l'imprégnation du christianisme, l'inclination vers une fraternité se dessinait.
Les grandes révoltes serviles contre le pouvoir de Rome furent rares au cours de la République et de l'Empire.
Le plus célèbre des esclaves en rébellion contre l'Etat fut Spartacus, mort en 71 avant Jésus-Christ.
C'était un ancien berger, recruté dans une école de gladiateurs, à Padoue, dont il s'échappa avec 70 de ses compagnons pour appeler les esclaves aux armes.
Il réussit à soulever plusieurs milliers d'hommes, défia les armées romaines et sema le trouble dans toute l'Italie.
Il fut vaincu et tué à la bataille du Silare, en Lucanie, dans le golfe de Tarente, par le général Crassus.
Ce fut la plus grave et aussi la dernière des grandes révoltes serviles.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:43
Balnae vina venus, c'est à dire : les bains, le vin, l'amour, furent savourés dans les thermes romains antiques au point que certains empereurs faisaient interdire la baignade commune des hommes et des femmes, d'autant que l'on se baignait nu.
Toutes sortes de marchands pouvaient circuler à la satisfaction des baigneurs. Des aubergistes apportaient les plats cuisinés. Les chars à boeufs étaient chargés de victuailles. Les prostitués des deux sexes arpentaient les nombreuses salles.
La tradition des bains publics était très ancienne. Deux siècles avant notre ère, des bains publics (balnae) recevaient, les jours de marché, la population rurale qui ne disposait pas d'un niveau d'hygiène suffisant dans les habitations romaines.
On en dénombrait alors cent soixante dix. Les prix d'entrée étaient très minimes pour faire concurrence aux thermes impériaux. Ils étaient accessibles à tous, aux esclaves, aux enfants, aux étrangers à la ville.
Après la République, les empereurs firent organiser luxueusement les thermes dont ils avaient ordonné la construction. Ceux de Néron ouvrirent en 80 après J.-C. Ceux de Trajan en 104.
A la fin de la Renaissance, l'architecte Palladio découvrit les vestiges des thermes situés sur le Palatin.
Les thermes furent de plus en plus étendus, atteignant pour les plus grands une superficie de 13 hectares. Les citernes fournissant l'eau eurent jusqu'à 80.000 mètres cubes de capacité.
Lieux d'hygiène corporelle et d'activité physique, ils devinrent sous l'empire les véritables espaces de rencontre, de communication, de transactions commerciales et même de conspiration précédant les révoltes.
La nécessité de les agrandir et d'en construire de nouveaux conduisit l'Empereur Caracalla à faire organiser en 217 après J.-C. un gigantesque établissement.
Les Thermes de Caracalla
Leur superficie dépassait 11 hectares, 337 mètres sur 328. Ils pouvaient accueillir 1.600 personnes. Avant ceux de Dioclétien édifiés presque cent ans plus tard, ils étaient les plus vastes et les plus somptueux de Rome. [suite]
Les Thermes de Diocletien
Après la conquête de l'Afrique, les Empereurs Dioclétien et Maximien, dyarches de l'empire, font construire des thermes d'une capacité de trois mille personnes, sur un espace de forme quadrangulaire de 376 mètres sur 361 mètres. [suite]
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:43
On peut aisément se faire une idée des quartiers de la Rome antique car ils avaient une certaine ressemblance avec les quartiers actuels populaires et pittoresques.
Les propriétaires des maisons de rapport, à appartements en location, en tiraient de substantiels profits.
Les constructions n'avaient pas une réputation de bonne solidité, contrairement aux architectures officielles qui témoignaient de la puissance et de la gloire de Rome.
L'effondrement d'immeubles de quatre et cinq étages n'était pas rare.
Les pièces d'habitation ne recevaient pas de destination particulière. Il n'y avait pas de cuisine, pas de cabinet de toilette, pas de latrines.
On se chauffait par l'emploi de dangereux braseros qui servaient aussi à la cuisson des aliments. Les fenêtres, sans vitres, assuraient une ventilation qui était utile en cas d'émanations délétères, mais qui était désastreuse en cas d'incendie pouvant se propager dans des quartiers entiers.
Les vigiles créés par l'Empereur Auguste, à la fois gardiens de la paix et sapeurs-pompiers, ne pouvaient en maîtriser la progression.
Le préfet des vigiles exigeait que les habitants disposent dans leurs logements de bon nombre de jarres d'eau en réserve. On s'approvisionnait aux fontaines.
L'eau arrivait à Rome par quatorze aqueducs mais l'évacuation des eaux usées n'était pas prévue. Les fenêtres servaient à s'en débarrasser à la juste colère des passants. Les rues étaient des dépotoirs bien que Jules César ait prescrit, par un édit, que les propriétaires devaient "balayer devant leur porte".
Le montant des loyers était élevé. Les insulae (immeubles en location) étant de plus en plus hauts, l'Empereur Auguste fixa la limite à 70 pieds, soit vingt mètres de hauteur.
Les soupentes à bas prix étaient occupées par la population la plus démunie. On y accédait par une échelle. En cas de non paiement du loyer, le propriétaire, par coercition, retirait l'échelle.
Les romains les mieux nantis occupaient le rez-de-chaussée sans s'offusquer de la promiscuité. Il n'y avait pas de "quartier chic".
Les petits métiers Mais le romain vivait très peu dans son inconfortable logement, qu'il quittait très tôt le matin après avoir passé un peu d'eau sur son visage, mis ses sandales et s'être enveloppé d'un manteau.
Beaucoup d'entre eux commençaient la journée en allant chercher la sportule. Il s'agissait de se présenter chez un citadin, de lui proposer ses offres de service et de faire ses courses. En retour, le personnage servi secourait le commissionnaire en cas de besoin et le gratifiait d'un panier de vivres appelé sportule, plus tard remplacé par une petite somme de monnaie qui deviendra plus tard le "pour boire".
L'Empereur Trajan en avait fixé le montant à six sesterces. Les plus débrouillards continuaient à s'inscrire à l'annone, sorte d'assistance publique pour bénéficier des distributions gratuites de blé, de vin, de sel et de vêtements.
L'Etat assurait ainsi la survie de 300.000 romains "chômeurs", dont les noms ont été trouvés sur des tables de bronze.
Les Romains qui travaillaient, les boutiquiers, négociants, artisans, financiers, prêteurs, allaient le matin chez le barbier en empruntant les rues étroites et animées. Peu de rues permettaient aux chars de se croiser.
Les éventaires, sur la chaussée proposaient des légumes et des fruits de la campagne proche. Les saucisses de porc fumaient à la devanture des gargottiers, dans la rumeur des marchands, les lamentations des mendiants, le fracas des chaudronniers, les cris des portefaix.
A la mi-journée, à la méridienne, vers deux heures on fermait boutique. Il en est toujours ainsi, peut-on dire, de la Rome moderne. Les administrations, les banques, les bureaux, les musées ferment une partie de l'après-midi.
Après le repas, venait l'heure de la sieste. Pour éviter que la population désoeuvrée ne soit une source de préoccupations pour le pouvoir politique, les distractions, les jeux, avaient pris la première place, et leur nombre ne fit qu'augmenter. La vie sociale Il y avait 190 jours fériés par an sous l'Empereur Néron. Certaines fêtes d'un jour durèrent ensuite huit jours, puis un mois et même trois mois, occupées par les courses de chars, les combats de gladiateurs, les séances de lecture, les conférences, les déclamations d'orateurs et même les concours de pêche à la ligne suivis de banquets.
Les thermes publics et privés voyaient passer chaque jour une bonne partie de la population. Les bains publics étaient gratuits.
On rentrait chez soi pour le repas du soir, la cena (la cène en français) qui était le seul repas copieux, très épicé, de la journée, pris à la table familiale.
Les Romains les plus aisés se rendaient à des banquets où ils mangeaient allongés sur des lits à trois places, accueillis par des esclaves qui rinçaient les pieds des arrivants et les coiffaient de couronnes de fleurs. Des danseuses évoluaient en frôlant les convives. Jongleurs et poètes se succédaient. Cela durait très tard et finissait dans l'ivresse et l'orgie.
On rentrait par les rues étroites, non éclairées, qui n'offraient que bien peu de sécurité. Les rondes n'étaient guère efficaces. Le sommeil était de courte durée car la vie reprenait de bonne heure dans les cris, les injures et les grincements de charrois.
Toute cette agitation faisait contraste avec le cadre de la vie publique, avec la magnificence dont les forums étaient le centre névralgique.
Edifiés d'abord dans des lieux bourbeux puis drainés et asséchés, les forums étaient les lieux de rassemblement des comices et des marchés; la justice y était rendue, les dieux y étaient honorés, et l’on y trouvait des lieux de promenade au milieu de bâtiments d'une grande beauté : temples sacrés, basiliques, colonnades, arcs de triomphe, statues, accumulés sans symétrie sur des esplanades dallées qui s'élevaient vers le Capitole.
Durant dix siècles, les Vestales ont entretenu le feu sacré dans le temple rond. Cicéron y proféra les dénonciations contre les prévarications des proconsuls, Vercingétorix enchaîné parcourut, avec les captifs, la voie sacrée dans le cortège de Jules César, victorieux des Gaulles, avant d'être emprisonné puis mis à mort par strangulation.
Dans les basiliques, les longues plaidoiries des accusateurs étaient applaudies par des claqueurs rémunérés.
Les Spectacles Les théâtres n'offraient guère d'attraits à la foule. Les vieilles tragédies grecques ne se renouvelaient pas, à l'exception de la pantomime. Les drames noirs où l'on goûtait les tortures réellement infligées avaient les faveurs du public.
Mais ces effusions de sang ne pouvaient concurrencer les tueries du Colisée. On a peine à imaginer que pendant quatre siècles des hommes moururent pour le plaisir d'une foule hurlante savourant le spectacle de supplices atroces.
Le recrutement des gladiateurs s'opérait parmi les esclaves, les prisonniers de guerre et même des hommes libres volontaires hasardant leur vie pour percevoir de substantielles primes.
Les combats se déroulaient pendant que s'échangeaient les paris sous les cris de la foule "jugula !" égorge !.
Les jeux nécessitaient aussi un grand nombre de fauves que l'on faisait venir, ou ramenait, d'Afrique et d'Asie mineure.
Le Colisée servit aux jeux jusqu'en 404. Ils furent interdits par l’Empereur Honorius. Les combats de fauves durèrent deux cents ans de plus.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:45
Dans presque toutes les cités de l'Empire, on vit à l'heure romaine. Selon certaines estimations Rome, la capitale compte plus d'un million d'habitants sous le Haut-Empire. Les Romains l'appellent tout simplement l'urbs, la ville. Elle est avec Alexandrie, la plus grande ville du monde romain. Depuis le Ier siècle, la ville a été beaucoup embellie par les empereurs. Ces nombreux monuments symbolisent la grandeur de Rome et l'art de vivre de Romains. Les forums, lieux de vie politique sous la République, sont devenus des ensembles monumentaux comprenant des basiliques, de nombreux temples, des arcs de triomphe et des bibliothèques. La colline du Palatin est occupée par les palais impériaux, la maison des Augustes. Mais Rome est avant tout dans l'imagination populaire, la ville des jeux. Plusieurs monuments exceptionnels leur sont consacrés: le circus Maximus entre le mont Palatin et l'Aventin, Le Colisée, le plus grand amphithéâtre du monde romain, consacré aux jeux du cirque, essentiellement des combats de gladiateurs. Les thermes apparaissent à la fin de la République. Les empereurs en construisent de nombreux pour les loisirs de la plèbe romaine. Pour acheminer l'eau dont les thermes et une population nombreuse ont besoin, de nombreux aqueducs sont construits. Au Ier siècle, ils peuvent acheminer vers la ville près d’un million de mètres cube d'eau en un jour. La ville a grandi au cours des siècles de manière désordonnée. Les rues sont étroites et sinueuses. En 64, après l'incendie de Rome, Néron fait reconstruire la ville avec des axes larges et aérés. Les plus riches vivent dans de vastes villas, alors que les plus modestes vivent dans des immeubles collectifs, les insulae.
Plan et maquette d'une villa suburbaine de type pompéien.
L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, l'architecture impériale innove dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium) puis de la brique (opus latericium), réalisant des monuments de plus en plus audacieux à Rome (Panthéon, Colisée, forums impériaux, thermes, etc.) et dans les provinces (pont du Gard, arènes de Nîmes, etc.). Les grandes métropoles comme Carthage, Antioche refleurissent. Les Romains construisent partout dans l'Empire des villes au plan régulier appelé plan hippodamien. La ville s’organise autour de deux axes, le cardo et le decumanus. On y trouve tous les monuments typiques de la romanité. Les villes ont à leur tête un sénat local appelé curie recruté parmi les riches habitants de l'Empire. Ils forment l'ordre décurional. C'est en son sein que sont élus les magistrats : édiles — chargés de la police des marchés et de la voirie —, duumvirs — magistrats ayant des attributions judiciaires —, duumvirs quinquennaux — élu tous les cinq ans et assurant des fonctions censoriales. L'ordo des décurions doit gérer les finances (pecunia publica) et le territoire de la cité, assurer l'ordre public et les relations avec le pouvoir central. Les décurions et surtout les magistrats financent en grande partie sur leurs fonds propres, la construction de monuments et des temples. À des sommes légalement définies et exigées, ils peuvent ajouter volontairement un don de leur part. Cette pratique appelée évergétisme occupe une place importante dans la construction et la vie des cités. L'évergétisme permet aux aristocrates des cités de manifester leur libéralité et leur faste, il peut être un outil d'autocélébration, appuyer une stratégie familiale, le monument donné rappelant la gloire de la famille sur des générations, en même temps qu'il fonde une cohésion politique et sociale : le don de l'évergète peut être conçu comme un contre-don qui répond au respect dont lui témoigne la cité et au pouvoir politique qu'elle lui a conféré. Fêtes, spectacles et distributions variées, souvent issues de l'évergétisme, contribuent, dans les cités, à l'élaboration puis au maintien d'une culture municipale, d'une cohésion civique. Si l'historiographie a vu autrefois dans l'évergétisme un facteur expliquant l'abandon des fonctions politiques par les aristocraties locales, cette hypothèse n'est plus actuellement reçue, et l'on n'imagine plus une désertion généralisée des curies. Dans les villes de l'ouest de l'Empire, le latin se répand tandis que l'est reste fidèle à la langue grecque.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 0:46
L’économie romaine est une économie essentiellement agricole. La trilogie méditerranéenne domine la production : blé, vigne (vin), olivier (huile). La Sicile, l’Afrique, l’Égypte, les Gaules et l’Espagne produisent les céréales qui ravitaillent les grandes villes de l’Empire. L’élevage de chevaux, indispensable pour les jeux et pour l’armée est concentré en Hispanie, en Afrique, en Syrie, en Thrace et en Asie. À cette époque, deux secteurs de l’économie peuvent être qualifiés d’industriels. Il s’agit de l’exploitation minière et de la production de céramique sigillée. Celle-ci est liée à l’exportation de produits agricoles. C’est donc dans les grandes régions de production qu’on trouve les principaux ateliers de céramique. Une quarantaine de fabriques d’armes sont disséminées dans l’Empire. Elles font partie des industries de l’État, tout comme les fabriques d’armures, de vêtements pour les soldats et les teintureries[159].
Plan du centre de Constantinople.
Au IVe siècle les préfectures de la ville et du prétoire s’ajoutent au consulat comme charges permettant d’entrer dans la nobilitas. Constantin prend la décision de supprimer l’ordre équestre dont les membres entrent presque tous dans l’ordre sénatorial. Le nombre de sénateurs passe de 600 à 2 000 membres[160]. Le Sénat créé à Constantinople compte lui aussi 2 000 membres. L’ordre sénatorial oriental est recruté parmi les notables des cités provinciales grecques[161]. La nobilitas romaine se caractérise aussi par sa résistance à l’adoption du christianisme. Attachée au culte des ancêtres, à la culture gréco-romaine, à la philosophie, elle répand une nombreuse littérature antichrétienne[162]. Cependant, au milieu du IVe siècle, les grandes familles romaines se convertissent peu à peu au christianisme. Les invasions barbares n’empêchent pas l’aristocratie sénatoriale de garder sa richesse foncière et son influence jusqu’au VIIIe siècle. Elle monopolise les charges de comte et d’évêque[163]. Depuis le IIIe siècle, l’Empire romain se nourrit des apports barbares. Le rôle fondamental des peuples fédérés dans l’armée romaine a déjà été évoqué. Ils ont aussi peuplé les régions septentrionales de l’Empire menacées de dépopulation. Les décrets de Valentinien Ier interdisant les mariages romano-barbares montrent qu’il existe déjà un métissage non négligeable à cette époque. Les cas d'officiers barbares vivant dans l’Empire et romanisés sont fréquents au IVe siècle. La cité reste le cœur de la romanité. Les lieux traditionnels de la vie romaine, les thermes, les cirques et les amphithéâtres sont fréquentés jusqu’à la fin du VIe siècle et même au-delà pour Constantinople. Mais bon nombre de monuments anciens se dégradent, car les finances publiques sont insuffisantes pour pourvoir à leur entretien, d’autant plus que la période de l’Antiquité tardive est riche en tremblements de terre. Les villes de l’Empire connaissent des transformations. Elles construisent des remparts aux IIIe et IVe siècles pour se protéger. La grande nouveauté architecturale est la construction d’édifices chrétiens, une basilique, un baptistère et la demeure de l’évêque[164], dont une partie de matériau utilisé provient d’anciens monuments abandonnés. Les nouvelles résidences impériales : Trèves, Milan, Sirmium, Nicomédie bénéficient de la présence des troupes et des empereurs.
Damian Argo
Nombre de messages: 463 Date de naissance: 20/02/1985 Age: 27 Localisation: Texte Profession: Information Loisirs: Réponse
Sujet: Re: Sources Dim 29 Aoû - 1:43
Citation:
Les sociétés modernes fondent leur conception de la sexualité sur la distinction biologique et reconnaissent trois catégories de personnes : les hétérosexuels, les homosexuels et les bisexuels. Or ces notions n'ont pas cours dans la Rome antique, où tout est affaire de statut social et de classe d'âge. Pour simplifier, les citoyens mâles pénètrent et ne sont jamais pénétrés, tous les autres sont pénétrables, dans des conditions et des proportions variables selon qu'il s'agit de matrones respectables, de coquettes libérées, de prostitués et d'esclaves des deux sexes. À quoi s'ajoute le cas très particulier des empereurs libidineux, comme Tibère, Caligula ou Néron. Il s'ensuit une morale et des comportements bien différents des nôtres, au reste difficiles à se représenter car, pour les Romains, la sexualité relève de l'intime et doit rester cachée.
Citation:
Les femmes ne pouvaient pas travailler mais filaient et tissaient chez elles.
Les forgerons fabriquaient des outils, des armes, des ustensiles de cuisine en bronze, en fer ou en cuivre.
Les joailliers faisaient des bijoux, des bagues et des fibules en or.
Les premiers verriers façonnaient la pâte de verre. Dès le premier siècle avant J.-C., les Romains ont soufflé le verre selon la technique proche-orientale.
Les menuisiers fabriquaient des meubles. Les outils avec lesquels ils travaillaient ressemblaient à ceux d'aujourd'hui.
Le drap tissé était confié au foulon qui le plongeait dans un bac d'urine pour le faire gonfler. Ensuite, dans un autre bac rempli de terre à foulon (argile qui dégraisse les tissus pour les rendre plus doux), il le lavait en le foulant avec ses pieds. Le foulage était l'opération la plus importante dans l'entretien des tissus. L'étoffe était ensuite battue avec des maillets de bois pour en resserrer la trame.
Citation:
En latin, l'esclave se dit servus (esclave) ou ancilla (servante). Les Romains considèrent l'esclavage comme infamant, et un soldat romain préfère se suicider que de tomber en esclavage dans un peuple barbare, c’est-à-dire non-romain.
Souvent, les personnes réduites en esclavage, ou maintenues dans cette condition d'esclave, proviennent d'autres peuples conquis, ce qui se manifeste souvent par une couleur de peau, ou une langue, etc. différentes de celles des maîtres.
Le prestige d'un Romain se calcule au nombre d'esclaves qu'il possède. Certains en commandent plusieurs milliers. Le simple citoyen se satisfait d'un ou deux. N'en avoir aucun est le comble de la misère.
Un esclave était un bien que l'on possédait, dénué de tout droit ; il était sous la domination du pater familias qui avait droit de vie et de mort sur lui. Le terme « manus » symbolisait la domination du maître sur l'esclave, au même titre que la domination du mari sur sa femme. Sa condition réelle était cependant variable, selon la proximité du maître : les esclaves agricoles des villae ou des mines étaient très mal traités, les esclaves domestiques (ancillae) qui côtoyaient la famille étaient plutôt favorisés et très souvent affranchis à terme. Néanmoins, il est indispensable de noter que, même si les esclaves étaient des "choses", ils restaient des "êtres humains" et les punir injustement était considéré comme une infraction.
Le statut social d'un homme se mesurait à son nombre d'esclaves. Le prix de l'esclave a beaucoup varié selon les époques et les lieux mais se situait, en moyenne, aux alentours de 2000 sesterces ; son entretien revenait à 300 sesterces par an. Tout enfant issu d'une femme esclave l'était aussi.
Les esclaves travaillaient tous les jours sauf pendant les festivités des saturnales en décembre et les compitalia en janvier.
Dans la Rome antique, un affranchi (Latin : libertus ou libertinus) est un esclave qui a été affranchi par son maître, il a été libéré. Il devient un homme presque libre, il reste client : il n'a pas tous les droits de l'homme libre. Ses enfants seront des hommes libres à part entière. L'esclavage est donc tempéré par l'affranchissement : celui-ci est une étape intermédiaire entre l'esclavage et la liberté (libertus). Un esclave pouvait aussi devenir affranchi par décision judiciaire suite a de trop mauvais traitement du maitre. Parfois, quand le maître mourrait, il laissait l'acte d'affranchissement d'un de ses esclaves dans son testament.
On devenait esclave pour dette, en tant que prisonnier suite à une guerre, suite à un acte de piraterie ou par déchéance civique. Un enfant abandonné recueilli pouvait aussi devenir esclave. Contrairement à l'esclavage en Grèce antique, où le statut d'esclave pouvait être considéré, par exemple chez Aristote, comme ressortissant d'une espèce de droit naturel (certains hommes étant considérés comme intrinsèquement esclaves), l'esclavage à Rome était affirmé comme l'effet d'une institution juridique et d'un fait empirique (conquête, naissance d'un esclave, etc.).
Un esclave né dans la demeure de son propriétaire est appelé verna[1].
Jusqu'au IIIe siècle, les Romains pouvaient devenir esclave pour dette, c'était le nexum. Jusqu'à son abolition, ce type d'asservissement va provoquer le mécontentement de la plèbe. L'esclave romain est décrit par Plaute comme un membre de la famille, l'esclavage était semble-t-il de type patriarcal.
La forte augmentation du nombre des esclaves prisonniers de guerre (leur nombre passe à 15 ou 20 % au IIe siècle av. J.-C.) et leur intégration dans les latifundia, transforment ceux-ci en hommes-machines comme le décrit Caton l'Ancien.
Toutes les campagnes militaires se traduisent par l'importation d'une grande quantité d'esclaves, parfois toute la population vaincue comme lors de la destruction de Carthage en 146 av. J.-C.
L'esclave romain est ambivalent : il est à la fois homme et marchandise. Sa valeur monétaire incite le maître à en prendre soin pour que son investissement soit rentable. De même, il a des devoirs envers lui : le nourrir, le vêtir et le loger. Les privations sont les châtiments les plus courants, mais les coups, les mutilations, ou même, à certaines époques, la mort, pouvaient être pratiqués en toute impunité. Caton l'Ancien, que ses contemporains considéraient comme dur, voire excessif, disait : « l'esclave doit travailler ou dormir ».
La situation de l'esclave romain varie beaucoup selon son affectation :
* l'esclave rural exécute les travaux agricoles, et vit une condition pénible, surtout dans les grands domaines agricoles (agricola). Les révoltes d'esclaves de la Rome républicaine sont qualifiées de guerres serviles ou révoltes ancillaires, et sont parties des régions d'agriculture intensive : Sicile, Campanie. La plus célèbre fut celle menée par le gladiateur Spartacus en 73 av. J.-C.. Spartacus vainquit plusieurs armées romaines avant d'être à son tour vaincu. La répression féroce servit d'exemple dissuasif à de futurs révoltés. * les esclaves dans les mines étaient les plus maltraités. * l'esclave en ville est généralement mieux loti. Dans les maisons modestes, les quelques esclaves étaient proches du maître et faisaient partie plus ou moins de la famille. Dans les grandes maisons (domus), les tâches nombreuses et variées permettent une spécialisation, distinguant des emplois « nobles » (magister) : secrétaire, comptable, pédagogue, etc. et des emplois ménagers mineurs (minister). De nombreux locuteurs grecs esclaves étaient précepteurs; l'esclave et philosophe stoïcien Epictète fut élève, alors qu'il était esclave, de Musonius Rufus. La prostitution, peu évoquée par les historiens, est une réalité constatée par exemple à Pompéi par les graffitis et les lupanars. * l'esclave public (servi publici) appartient à l'« État » (la cité ou Rome). Il assure les tâches d'intérêt général, et travaille pour les services municipaux : là encore, les situations sont contrastées selon que l'on est affecté à la voirie, au service des bâtiments publics, ou au contraire aux tâches de bureau de l'administration. En bas de l'échelle, les esclaves affectés aux mines sont de véritables forçats.
Les Romains de la République connaissaient un système incitatif pour l'esclave : c'est le peculium (d'où vient le mot pécule), épargne que se constitue l'esclave sur les gains d'une activité le plus souvent artisanale ou commerciale. En droit, le peculium appartient au maître, mais l'esclave en dispose à terme pour racheter sa liberté.
La sodomie entre hommes, si elle ne fut pas la position sexuelle privilégiée, fut pratiquée dans la Grèce antique, ainsi qu’à Rome, dans le cadre d'une relation entre un homme plus âgé, le maître, actif, et son élève, passif, plus jeune. C'était donc considéré comme une façon de transmettre le savoir.
Dans la Rome antique, un homme libre qui sodomisait ses esclaves manifestait sa puissance. En revanche, un homme libre sodomisé se ravalait à un rang inférieur, et cette passivité était considérée comme honteuse[27]. Lors de la traite négrière, les esclaves étaient fréquemment violés par leurs maîtres, qui entendaient ainsi affirmer leur autorité.